Les idées reçues sur la Chiropratique
Il y a bientôt 15 ans, je décrochais mon diplôme. À l’époque, je ne soupçonnais pas que, 15 ans plus tard, je répondrais encore aux mêmes questions et ferais toujours face aux mêmes idées reçues sur mon métier. Je vous invite à une petite plongée au cœur des clichés et des idées reçues sur la chiropratique.
« Ce n’est pas reconnu »
Si la chiropraxie n’est pas reconnue en France comme une profession de santé, elle est légale depuis 2002 et le diplôme délivré en France est reconnu et protégé depuis 2011 par le décret n° 2011-32 du 7 janvier 2011 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de la chiropraxie.
« C’est seulement pour le mal de dos »
Le chiropracteur est un spécialiste des troubles musculosquelettiques, incluant les problèmes de dos et des articulations périphériques. Cela peut concerner des problématiques aussi variées que la sciatique, l’arthrose du genou, les tendinites du coude ou certains maux de tête.
Mais la chiropratique peut aussi aider à améliorer le sommeil, à mieux gérer le stress, à avoir plus d’énergie, à mieux digérer …
« Les effets ne sont pas prouvés »
Il existe aujourd’hui une littérature scientifique abondante concernant les effets et les résultats de la chiropraxie. La SoFEC (Société Franco-Européenne de Chiropraxie) produit et diffuse des connaissances scientifiques sur le sujet depuis 2004. Aux États-Unis, les premières études sur la chiropratique remontent au début du XXe siècle.
La profession a à cœur de proposer des protocoles d’étude toujours plus rigoureux afin d’obtenir des niveaux de preuve de plus en plus fiables. Les études récentes mettent en évidence une efficacité des soins chiropratiques comparable à celle des prises en charge conventionnelles pour certaines indications.. Des recommandations de bonnes pratiques permettent également aux praticiens d’accompagner leurs patients dans les meilleures conditions de sécurité possibles.
« J’ai peur des manipulations vertébrales, ce n’est pas pour moi »
On a souvent l’image, largement propulsée par les algorithmes des réseaux sociaux, du chiropracteur qui fait craquer toutes les articulations à travers des manipulations spectaculaires. J’avais moi-même été très étonnée d’apprendre, par un patient, que certaines personnes regardaient des vidéos d’ajustements chiropratiques comme des vidéos ASMR.
En réalité, la chiropratique est une approche bien plus diversifiée que cela. La manipulation vertébrale n’a rien d’obligatoire et de nombreuses autres options thérapeutiques et techniques s’offrent aussi bien au chiropracteur qu’au patient.
« Le chiro remet le dos en place »
Ah, celle-là, je l’entends tellement souvent, aussi bien dans la bouche des patients que de certains praticiens. Pour commencer, il est important de comprendre que les vertèbres ne se déplacent pas aussi facilement. Il faut une force colossale pour séparer deux vertèbres au point de provoquer une luxation, comparable à celle impliquée dans un accident de voiture.
Je dis souvent que si l’on constate une luxation vertébrale, il ne faut pas m’appeler, mais aller directement aux urgences. Si la vertèbre ne se déplace pas, il est évident qu’on ne la « remet » pas en place.
Le chiropracteur travaille plutôt sur des segments vertébraux dont la fonction est altérée. Si la manipulation vertébrale peut produire un craquement, celui-ci est dû à une baisse de pression dans l’articulation — comme lorsqu’on ouvre une bouteille de champagne — plutôt qu’au déplacement des pièces osseuses les unes par rapport aux autres.
« Je vais être soulagé(e) tout de suite »
Quand la douleur est là, il est légitime de vouloir en être débarrassé rapidement. Pour autant, il n’est pas toujours possible de garantir un soulagement immédiat, et ce pour une raison simple : la chiropraxie vise à traiter la cause du problème et à une amélioration durable, et pas uniquement à soulager les symptômes.
En fonction de l’origine de la douleur, de son ancienneté, de l’âge, de la condition physique et du mode de vie du patient, plusieurs séances peuvent être nécessaires. On parle alors de plan de soins.
« C’est comme l’ostéopathie »
Il existe de nombreuses différences entre la chiropratique et l’ostéopathie. Si elles se sont développées à une période relativement proche et si leurs champs d’application se recoupent en partie, leurs techniques et leurs principes fondamentaux restent différents.
Les formations le sont également : le cursus chiropratique s’étend sur six années d’études (cinq aujourd’hui), contre trois à cinq ans pour l’ostéopathie selon les établissements. La formation chiropratique est standardisée à l’échelle internationale, garantissant un niveau d’exigence homogène dans de nombreux pays. Le cursus en ostéopathie, quant à lui, a connu d’importantes réformes ces quinze dernières années, avec la fermeture de plusieurs écoles ne répondant pas aux critères requis.
« C’est dangereux »
Le chiropracteur exerce dans le respect de règles de bonnes pratiques strictes. Une anamnèse rigoureuse, un examen clinique approfondi et une bonne connaissance des risques inhérents à la pratique permettent de travailler dans de bonnes conditions de sécurité.
Comme tout professionnel libéral, chaque chiropracteur souscrit une assurance de responsabilité civile professionnelle. Si des effets secondaires graves liés à la manipulation vertébrale existent, ils restent heureusement extrêmement rares. la manipulation vertébrale présente des risques faibles lorsqu’elle est pratiquée dans des conditions adaptées
« C’est seulement quand on a mal »
Il est souvent plus simple de préserver sa santé que de chercher à la rétablir. C’est pourquoi la prévention a toute sa place dans la prise en charge chiropratique.
Des études menées aux États-Unis ont mis en évidence une réduction des coûts de santé, une diminution du risque d’hospitalisation et de chirurgie, une baisse des arrêts maladie ainsi qu’une réduction de la consommation médicamenteuse, notamment des opioïdes.
La chiropraxie ne concerne pas seulement votre dos ou votre douleur : elle s’inscrit dans une approche globale de votre santé.
Les idées reçues autour de la chiropraxie restent nombreuses, souvent parce que cette profession est encore mal connue du grand public. Pourtant, au-delà des clichés, il existe une pratique encadrée, fondée sur des connaissances scientifiques et centrée sur la prise en charge du patient dans sa globalité.